Pas encore lu "Le conflit, la femme et la mère" de la célèbre philosophe mais happé, de-ci de-là quelques commentaires et critiques. Très intéressant, ça m'a interpellé, obligé à remettre en
perspective, ré-interroger des choix qui pourtant semblaient bien mûris. Donc ça me plaît, le mouvement toujours, aller voir (d')ailleurs.
Dans une critique parue dans Télérama (n°3137), j'apprends donc qu'elle dénonce une "guerre idéologique souterraine", le "retour en force du naturalisme", le sexisme rampant de l'idéologie
écologiste, qui réduiraient la femme à l'esclavage, soumise aux nouveaux diktats de "la bonne mère" (répugnance à mettre son enfant en crèche à 3 mois, accouchement sans péridurale, sanction de
l'agroalimentaire, consommation de purées maison et autres couches lavables, sans parler de l'allaitement qui la réduit "au statut d'une espèce animale"...).
Cette histoire de sexisme écologique notamment m'a frappée. Mais je cherche en vain ce qu'elle revêt.
Bien que Badinter touche probablement une corde sensible - les femmes sentent que la société leur en exige toujours plus, sans autre reconnaissance que ce dû maternel-professionnel- ....
Il m'est difficile de donner un avis pertinent à partir de critiques de lecture, j'ai néanmoins deux ou trois choses à dire car je me reconnais (tant bien que mal) dans ce portrait de "femme
esclave" pour avoir allaité longtemps, accouché sans péri, avoir testé les couches lavables et confectionner régulièrement quelques compotes ou soupes maison.
Alors, je veux bien admettre qu'il y ait un effet de mode bobo-écolo-chic, en surface. Mais ce qui semble se jouer ces 10 dernières années est beaucoup plus profond qu'une mode, fatalement
éphémère. Et plus enthousiasmant aussi.
Je me dis que ce qui est important dans ces choix, c'est qu'ils restent des choix, libres, éclairés et joyeux. Voilà, qu'ils apportent de la joie. La joie est la preuve de la justesse de nos choix.
Je ne vanterai pas les mérites de l'allaitement ou de l'accouchement physiologique, il y a plein de sites chouettes qui en parlent. Faut de l'envie, du coeur, de la légèreté. J'ai des valeurs, que
j'essaie de suivre et quand ça devient gonflant - et oui, les enfants ça gonfle évidemment, l'écologie ça peut être contraignant - je le dis, je prends l'air, je prends mes distances.
Si je me sens victime ou esclave de ma maternité ? Plutôt sereine, grandie, autre - et il y a là une vraie question, celle de l'alterité maternelle (on devient autre en devenant mère et croire ou
vouloir faire croire le contraire peut conduire à l'esclavage) qui n'est pas souvent acceptée par la société et notamment par le monde professionnel.
Ce qui compte c'est de rester ouvert et de faire les choses avec un max de plaisir et de conscience.
Et puis pourquoi faire du bien -à son enfant, à la planète ou autre, signifierait forcément au détriment de soi ? Absurde ! On the contrary, baby ! On dit ça en anglais, non ?